Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé mardi une hausse de 34,6 % de son bénéfice net au troisième trimestre ( AFP / Fayez Nureldine )
Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé mardi une hausse de 34,6 % de son bénéfice net au troisième trimestre, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient qui continue de faire flamber les prix du pétrole.
Depuis la reprise des hostilités au Yémen en juillet, les Houthis pro-iraniens ont multiplié les attaques contre des pétroliers, des installations de stockage, des raffineries ainsi qu'un oléoduc stratégique du royaume, qui soutient le gouvernement yéménite face à leur mouvement.
Les Houthis entravent également le trafic maritime dans le détroit de Bab al-Mandeb, tandis que l'Iran perturbe celui passant par le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule Arabique, compliquant les exportations de pétrole saoudien.
Malgré ces perturbations, Aramco, pilier de l'économie saoudienne et l'une des entreprises les plus valorisées au monde, a vu ses bénéfices continuer de s'envoler au troisième trimestre, en grande partie grâce au maintien des prix élevés du pétrole.
Le groupe pétrolier a indiqué que son bénéfice net avait atteint 135,9 milliards de riyals (36,2 milliards de dollars), contre environ 101 milliards de riyals à la même période de l'année précédente.
Les grands groupes énergétiques à travers le monde ont également vu leurs bénéfices bondir au troisième trimestre, portés par les prix des hydrocarbures et les marges de raffinage.
"L'incertitude géopolitique et les attaques contre des installations énergétiques stratégiques ont continué d'aggraver la crise mondiale de l'approvisionnement en énergie au troisième trimestre 2026, avec de graves conséquences pour la sécurité énergétique mondiale", a toutefois déclaré le PDG d'Aramco, Amin Nasser, dans un communiqué.
Au deuxième trimestre, Aramco avait enregistré une hausse de 44% de son bénéfice net sur un an, à 122,6 milliards de riyals (32,7 milliards de dollars), déjà portée par l'envolée des prix du brut provoquée par la guerre.
Le conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, a bouleversé les marchés mondiaux de l'énergie, entraîné un recours aux réserves stratégiques et alimenté l'inflation.
M. Nasser a annoncé mardi, lors d'un appel avec des investisseurs, que des "études techniques préliminaires" étaient en cours pour augmenter la capacité de l'oléoduc Est-Ouest du géant pétrolier saoudien, qui permet d'acheminer du pétrole depuis l'est du royaume vers la mer Rouge en contournant le détroit d'Ormuz.
1,5 milliard de barils
Le mois dernier, les Houthis ont affirmé avoir visé le siège d'Aramco, un vaste complexe comprenant de nombreux bâtiments et ensembles résidentiels dans l'est saoudien, riche en pétrole.
Amin Nasser a assuré que le groupe était en mesure de réagir rapidement aux attaques contre ses infrastructures, grâce à l'utilisation de drones et d'équipes spécialement formées pour intervenir immédiatement sur les installations endommagées.
"Plus de 90 % des matériaux utilisés pour rétablir les opérations ont été obtenus ici, dans le royaume", a ajouté le PDG, affirmant qu'Aramco pouvait effectuer des réparations d'urgence environ six fois plus rapidement que la référence du secteur.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre environ un quart des exportations mondiales de pétrole, reste au cœur des tensions entre Washington et Téhéran, qui revendique le contrôle de cette voie maritime stratégique.
Le 25 octobre, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a affirmé avoir aidé les pays du Golfe à exporter plus de 1,5 milliard de barils de pétrole brut via le détroit depuis l'été, et facilité le passage de plus de 3.000 navires commerciaux au cours des six derniers mois.
Toutefois, le trafic maritime reste exposé aux attaques iraniennes, tandis que Washington maintient un blocus des ports de la République islamique.
Finances sous pression
Les cours du pétrole ont chuté de plus de 7 % lundi, alors que des signes d'une reprise du dialogue entre Téhéran et Washington se multipliaient. Ils ont toutefois légèrement rebondi mardi matin.
A environ 105,06 dollars, le baril de Brent, référence internationale, contre environ 70 dollars avant le début de la guerre.
Les performances d'Aramco sont particulièrement scrutées en Arabie saoudite, où les revenus pétroliers restent essentiels au financement des dépenses publiques et des ambitieux projets de diversification économique du royaume.
Malgré des recettes publiques supérieures aux prévisions initiales, le gouvernement saoudien a révisé à la hausse ses prévisions de déficit budgétaire pour 2026, à 245 milliards de riyals (65 milliards de dollars), soit 4,9% du produit intérieur brut (PIB), contre 165 milliards initialement prévus.
Le premier exportateur de brut mondial et plus grande économie du Moyen-Orient devrait connaître une contraction de son PIB de 3,3% cette année, selon le Fonds monétaire international (FMI).

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